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Slowtourisme en Auvergne : rencontre avec une guide-hôte

Qu’il est beau de voir fleurir à travers la France des initiatives en slowtourisme ! Lorsque j’ai découvert le projet de Janette Clémensat sur le site Auvergne Slow, j’ai tout suite apprécié les valeurs éco-sensibles qu’elle souhaite transmettre. Aussi, il s’agit d’un projet réellement ancré au territoire. Voilà une véritable offre de séjour en slowtourisme : tout fait sens. L’hébergement éco-friendly, la qualité de l’accueil et la bienveillance envers les visiteurs.

C’est une réelle ouverture sur le paysage singulier de l’Auvergne : histoire, patrimoine, balades, gourmandises et moments de partage. Jeannette vous ouvrira les portes de son terroir d’origine pour des souvenirs de vacances authentiques. N’hésitez pas à vous rendre à la fin de cette page pour écouter l’interview en podcast !

🎧 🔻Pour écouter l’interview c’est à la fin de l’article ! 🔻🎧

Auvergne Slow : un blog, une chambre d’hôte et des excursions

Janette, auvergnate d’origine, tu nous invites à pratiquer le slowtourisme en Auvergne.
Pourrais-tu nous présenter ton activité ?

Effectivement, je suis auvergnate d’origine. Aussi, j’ai travaillé pendant longtemps dans le tourisme. Puis, j’ai eu envie de créer mon activité. Au final, cette activité s’avère être la synthèse des constats que j’avais pu faire sur le terrain professionnel et de l’amour que j’ai pour la région d’Auvergne. Et l’activité que je souhaite lancer, est une activité originale dans le sens où elle marie l’hébergement dans un lieu, mais aussi la proposition d’activités guidées. Souvent, je parle de préférence d’expériences immersives.

L’hébergement, je souhaite le développer avec des valeurs éco-responsables. L’idée est que les gens bénéficient d’une déconnexion avec leur quotidien dans ce lieu. J’habite dans un petit village de 15 habitants, et l’hébergement n’a pas de vis à vis. La vue est sur la vallée et la forêt. L’idée est de proposer des séjours à des familles ou à des couples. On a la possibilité d’accueillir 5 à 6 personnes. Tout en leur proposant des activités qui changent de leur quotidien.

Le choix du slowtourisme

Pourquoi as-tu choisi de proposer des vacances au ralenti, orientées vers la pratique du slowtourisme ?

Pour moi, c’est une évidence que le tourisme doit être une rupture avec la vie de tous les jours. Comme la vie d’aujourd’hui est trépidante, c’est rupture là passe par le fait de ralentir. J’ai trop souvent vu des personnes qui étaient effrénées dans la consommation d’activités touristiques : elles ne rompaient pas avec leur rythme. Je pense que maintenant il y a une demande forte, pour qu’on propose aux gens le petit coup de pouce pour arriver à cette déconnexion. Voilà pourquoi je suis allée vers le slowtourisme, en plus des valeurs d’éco-responsabilités, l’idée des circuits courts, de travailler ancré dans un territoire.

Une chambre d’hôte éco-friendly

Tu proposes un accueil chambre d’hôte, dans un hébergement éco-responsable. Pourrais-tu nous décrire ce lieu d’accueil et les étapes pour la réalisation de ce projet ?

As-tu réalisé seule l’ensemble de ce projet, ou as-tu fait appel à des organismes extérieurs ?

Si tu avais 3 conseils à nous donner pour l’ouverture d’une chambre d’hôte écofriendly, quels seraient-ils ?

Ce lieu est dans un ancien corps de ferme qui appartient à la famille de mon mari. C’est un peu hybride car ce n’est pas une petite maisonnette, ou un appartement complet. Mais c’est plus qu’une chambre d’hôte : il y a deux chambres, une cuisine, une salle-de-bains, avec un accès extérieur réservé.

Pour l’état d’esprit de l’hébergement

Je suis fan d’upcycling. Mon mari et moi redonnons vie à des meubles, des objets. Donc la plupart du temps, on rénove ce que nous avions déjà. Aussi, on a utilisé des matériaux qui restaient de notre propre chantier, certains nous les avons récupérer ou acheter pas très loin. Et après, il y a toute la logique de tri de déchets, de récupération des eaux de pluies, à terme d’utilisation du solaire. Puis, on travaille en circuits courts, que ce soit des fournisseurs de bouches, ou les artisans d’art. J’ai cette sensibilité là, dans la décoration, l’équipement de l’hébergement.

Et il y a un côté madeleine de Proust dans les vieux objets : retrouver la pendule en formica qu’on avait peut-être chez la grand-mère …

Dans notre région, on n’avait pas de financements sur la création d’hébergement. Quoiqu’il en soit, on fait tous les travaux nous-mêmes : j’ai un mari très bricoleur qui maitrise tous les métiers du bâtiment. Finalement, avec un budget assez raisonnable et cet esprit de récupérer et de chiner, on arrive à proposer un hébergement avec un investissement qui est moindre.

Les partenaires sont plus des aides techniques. Tels que l’Office de Tourisme ou la Chambre de commerce, qui m’aident sur le montage du projet.

Les 3 conseils pour l’ouverture d’une chambre d’hôte éco-friendly

  1. Ce qui nous a guidé c’est de faire preuve de bons sens dans l’ouverture d’esprit pour avoir un constat de la demande et de l’offre. Par exemple, nous ne sommes pas proches des commerces, et je devais pouvoir proposer une cuisine : des familles avec des enfants qui ont faim par exemple, doivent pouvoir se préparer à manger, sans redescendre au village et faire des aller-retour pour rien. C’est du bon sens ! Aussi il faut savoir faire appel à sa créativité.
  2. Connaitre son environnement, sa région et aussi son potentiel. Que ce soit en terme de partenaires, de fournisseurs, de matériaux traditionnels, d’histoire, le patrimoine.
  3. Avoir envie de transmettre. C’est plus qu’un hébergement. On propose une expérience aux gens et aussi une rencontre. Donc, il faut être prêt à accueillir ces personnes là, à les conseiller, à les coacher.

Des éco-tours

Outre l’accueil en hébergement écologique, tu as le projet d’organiser des visites écotouristiques de ta région d’Auvergne.

Comment se déroule une sortie, quelle est ta formule, quelles rencontres proposes-tu ?

Quelle est ta vision dans ces offres de visites locales ?

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Ce projet part d’un constat de mon métier de guide-conférencier. J’ai poussé un peu plus loin dans les test d’activités. J’ai testé des visites sous des formes d’expériences un petit peu différentes. En tant que touriste, on va vouloir comprendre le paysage qu’on voit autour de nous. Et vouloir être guider pour comprendre les produits locaux, le terroir. Par exemple, ici, pourquoi est-ce qu’on cultive la vigne ?

Cet été, j’ai proposé la découverte private d’Abbaye romane. J’ai proposé la visite à l’heure de l’apéritif, donc en soirée d’été avec des ambiances de lumières un peu particulières. Je m’adapte aux personnes, à leur intérêt. Ce n’est pas formaté. Les groupes sont en petits effectifs. On finit la visite avec une dégustation de produits locaux. Je suis moi-même allée chercher les produits locaux auprès du producteurs. Je vais vers des producteurs de la commune, ou qui ne sont pas très loin. Ce sont des producteurs bio.

L’idée c’est d’offrir des moments qui peuvent sembler privatisés, comme s’ils avaient la chance de faire quelquechose qu’ils ne pourraient pas faire sans le guide

L’idée de l’hébergement, c’est de pouvoir proposer des activités sans des déplacements : des ateliers de dégustations, explicatifs, où on va décrypter le lieu dans lequel on passe les vacances.

Aussi, j’amène du jeu dans ce que je propose. C’est-à-dire qu’il a moins de barrière entre le guide et les visiteurs. Donc on est plus dans l’échange et on retient mieux. Et on essaye de limiter les déplacements. Dans l’ensemble, c’est très « à la carte ».

Dans le slowtourisme, la notion de convivialité est importante pour la relation au territoire et une valeur en plus pour le souvenir des vacances.

L’Auvergne

Quels sont les atouts de ce territoire ?
Quels sont les sites incontournables ?
Le slowtourisme se marie-t-il parfaitement avec la région ?

En tout cas, on a de belles montagnes. On a des paysages ouverts. En effet, cette notion de grands espaces revient souvent. Et c’est vraiment quelquechose d’apaisant. Aussi, il y a ces paysages volcaniques qui sont assez uniques. Il y a des variétés de paysages importantes et très riches, tant sur l’aspect esthétique que sur l’aspect naturaliste et géologique.

Aussi, il y a une culture assez préservée que ce soit sur les villages traditionnels, l’habitat en pierre, le patrimoine.

De plus, ce que j’aime et ce que j’essaye de faire ressortir : c’est cette culture auvergnate. Au départ, c’est une culture plutôt modeste. En effet, c’était des gens plutôt simples, parfois même isolés dans des vallées. Et finalement, ce bon sens paysan, qui a su se conserver : faire preuve de bon sens et de simplicité. Ces valeurs là, je trouve, rejoignent les valeurs actuelles. Donc ce sont par exemple, les valeurs de l’antigaspillage, des circuits-courts, de faire avec ce qu’on a. Donc cette culture auvergnate nous a laissé un héritage.

On se retrouve dans des territoires où on a une sensation de liberté. Les paysages, les grands espaces, les lumières, l’Auvergne se prête bien au slowtourisme. C’est un territoire qui s’adapte tout à fait à cette offre.

Les paysages volcaniques sont uniques en Europe. La chaine des Puys a eu le label Patrimoine Mondiale de l’Unesco. Ce sont des paysages uniques.

Allez on chante ?! Chanson pour l’Auvergnat  

Elle est à toi, cette chanson, 
Toi, l’Auvergnat, qui sans façon, 
M’as donné quatre bouts de bois 
Quand, dans ma vie, il faisait froid, 
Toi qui m’as donné du feu quand 
Les croquantes et les croquants, 
Tous les gens bien intentionnés, 
M’avaient fermé la porte au nez… 
Ce n’était rien qu’un feu de bois, 
Mais il m’avait chauffé le corps, 
Et dans mon âme il brûle encor’ 
A la manièr’ d’un feu de joi’. 

Toi l’Auvergnat, quand tu mourras, 
Quand le croqu’-mort t’emportera, 
Qu’il te conduise, à travers ciel, 
Au Père éternel. 

Elle est à toi, cette chanson, 
Toi, l’Hôtesse qui, sans façon, 
M’as donné quatre bouts de pain 
Quand, dans ma vie il faisait faim, 
Toi qui m’ouvris ta huche quand 
Les croquantes et les croquants, 
Tous les gens bien intentionnés, 
S’amusaient à me voir jeûner… 
Ce n’était rien qu’un peu de pain, 
Mais il m’avait chauffé le corps, 
Et dans mon âme il brûle encor’ 
A la manièr’ d’un grand festin. 

Toi l’Hôtesse quand tu mourras, 
Quand le croqu’-mort t’emportera, 
Qu’il te conduise, à travers ciel, 
Au Père éternel. 

Elle est à toi, cette chanson, 
Toi, l’Étranger, qui sans façon 
D’un air malheureux m’as souri 
Lorsque les gendarmes m’ont pris, 
Toi qui n’as pas applaudi quand 
Les croquantes et les croquants, 
Tous les gens bien intentionnés, 
Riaient de me voir emmener… 
Ce n’était rien qu’un peu de miel, 
Mais il m’avait chauffé le corps, 
Et dans mon âme il brûle encor’ 
À la manièr’ d’un grand soleil. 

Toi l’Etranger quand tu mourras, 
Quand le croqu’-mort t’emportera, 
Qu’il te conduise, à travers ciel, 
Au Père éternel. 

🎧 🔻Pour écouter l’interview c’est ici ! 🔻🎧

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