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5 conseils pour préparer un Tour du Monde écologique

Les tourdumondistes sont des voyageurs qui font le choix de partir dans plusieurs pays durant plusieurs mois. Idéalement, ils parcourent tous les continents. Mais cela ne veut pas dire qu’ils vont littéralement parcourir tous les pays du monde. En général, ils partent pour une durée d’un an, et visitent en moyenne une dizaine de pays. Et on parle aussi du véritable communauté de tourdumondistes. Cependant ce voyage au long cours laisse forcément une empreinte écologique importante ! Et vous devinez déjà que les déplacements sont conséquents.

Comment être à la fois, un tourdumondiste et un voyageur responsable?

Ainsi, j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Pierre Grante, auteur du blog Un Notre Monde. Depuis quelques années, Pierre découvre les pays du monde, tout en abordant la question du voyage écologique. Nous allons à travers cette interview, découvrir ses conseils pour préparer un Tour du Monde écologique. Et comprendre aussi à travers son témoignage, sa vision du voyage éco-responsable.

🎧 🔻Pour écouter l’interview c’est à la fin de l’article ! 🔻🎧

Un tour du monde et un blog

Pierre, tu as pris goût au voyage avec ta compagne Lisa il y a quelques années. De cette expérience avec l’univers du voyage est né un blog : Un Notre Monde

Peux-tu nous nous expliquer les valeurs que tu véhicules à travers ton blog ?

Est-ce ta conscientisation de la crise écologique qui a été le « déclencheur » pour créer ton blog ?

Les valeurs du blog, c’est surtout pour moi partager des valeurs d’humanisme, de respect de la nature, de parler d’écologie. Parce que le voyage est très important pour moi, le respect de l’humain et de la nature sont des valeurs importantes. En fait, c’est avec le voyage que tout a démarré concernant cette conscientisation. Il y a 5 ans, j’ai fait un premier voyage initiatique en Asie du Sud Est avec ma compagne.

Et c’est là qu’il y a eu un déclic.

À la base je n’étais pas du tout écolo. Ainsi j’ai commencé à réfléchir, j’ai maturé tout ça, et j’ai commencé à changer mon mode de vie. J’avais découvert un peu avant que j’avais une passion pour l’écriture. Alors je me suis dit, pourquoi ne pas créer un blog ? Afin d’aider d’autres gens qui ont le même questionnement, plus ou moins le même parcours, ou envie de changer leur mode de vie. Dans l’idée de voyager d’une façon plus respectueuse. C’est ainsi que le blog est né !

S’adapter au voyage

Vous avez réalisé un voyage autour du monde. 
Combien de temps et de pays avez-vous parcouru ?
Etait-ce des pays où il était assez facile de pouvoir suivre une alimentation végétarienne ; et de trouver des produits locaux et issus d’une agriculture bio ?

Alors on a visité 11 pays et on a voyagé pendant 13 mois. À la base on avait prévu un parcours plus classique d’un an et 12 pays : soit un pays par mois. Et puis en fait, il y a eu des imprévus. Car on est resté plus longtemps que prévu en Thaïlande et au Népal par exemple. Et au final nous ne sommes pas allés en Chine. Alors il a fallu se réorganiser.

Concernant le végétarisme, dans la plupart des pays où on était, en Asie du Sud Est, en Inde, au Népal, c’était assez facile. L’Amérique du Sud, en général c’est assez facile aussi. Toutefois dans les restaurants locaux, ça restait un peu compliqué. Par contre, en Mongolie et au Kirghizistan, c’était assez compliqué. Donc à ce moment là j’ai adapté mon régime et j’ai fait du flexitarisme pour le tour du monde, à cause de ces difficultés. Puis, je me suis dit que c’était une part de la culture locale. Mais maintenant j’ai changé d’avis ! Car je considère que faire des concessions n’aide pas à avance.

Au niveau des produits locaux, c’est assez facile aussi. Donc on peut manger local sans problème. Par contre pour le bio, c’est plus compliqué : il y a des initiatives à certains endroits, mais ce n’est pas vraiment ça.

Organisation du tour du monde et conscience écologique

En terme d’organisation 
Etiez-vous plutôt dans un tour du monde planifié ou dans l’improvisation dernière minute ?

Aussi aviez-vous l’intention, lors de cette aventure, d’être dans une démarche de voyageurs responsables ?

Avez-vous pu rencontrer les populations locales et découvrir certaines langues ou cultures ?

Oui, on avait un itinéraire global, qui n’ a pas été respecté. On se renseignait un peu sur chaque pays en avance. Mais nous n’avions pas un itinéraire précis, à part les 12 pays que nous devions visiter. Puis au sein de chaque pays, c’était assez flexible. Aussi, plusieurs fois, on s’est adapté selon ce que disaient les voyageurs, ou au fur et à mesure. Par exemple au Népal, nous avions prévu de passer une semaine à Pokhara. Puis finalement nous sommes restés 3 semaines ! Il y a d’autres endroits aussi, où on a préféré ralentir.

Avant le tour du monde, j’avais commencé à être plus écolo au quotidien. Je m’étais mis un peu plus au produits naturels chez moi. J’avais fabriqué ma propre lessive, etc. Puis je me suis dit qu’il était temps de l’appliquer au voyage. J’ai acheté des vêtements de marques responsables. Après j’avoue qu’on a trop pris l’avion. On était conscient de l’impact de l’avion, en tour du monde c’est un peu inévitable… Mais je me dis qu’on aurait pu faire tellement mieux ! De façon globale, on aurait pu prendre moins l’avion, faire moins d’escales, etc.

Les lecteurs de cet article ont aussi lu :  Pourquoi être curieux des langues locales en voyage ?

Une adaptation suite à l’expérience du voyage

Aussi en cours de route, on s’est rendu compte qu’on était pas vraiment zéro déchet pour les emballages ou les plastiques qu’ils donnaient pour la nourriture. Donc on s’est acheté une paille, des couverts, etc. Il y a eu pas mal de choses qu’on a appris en cours de route. On avait déjà cet état de conscience, mais on ne savait pas toujours comment s’y prendre.

Aussi on a évolué, et on a commencé à ralentir. On a fait du slowtravel. Prendre le temps, rester une semaine à un endroit. Et comme ça fait moins de déplacements, ça pollue moins. Puis beaucoup de choses ont changé en cours de route, car c’était la première fois qu’on avait l’intention de voyager écolo.

Dès le début, dès que le voyage a commencé au Kirghizistan, un pays pas très touristique, les gens nous voyaient un peu perdu et on a pu les rencontrer. Ils nous indiquaient les bus, bref, leur accueil était chaleureux. En Mongolie aussi, on a pu rencontrer des nomades dans une yourte : bon, c’était une activité organisée car c’était dans le désert de Gobi. C’était chouette car c’était de la vraie immersion ! On a pu voir leur mode de vie, ils ont fait des chants traditionnels, des jeux. En Colombie aussi, dans un écolodge à Palomino, on a rencontrer un homme fascinant. On a pu échanger en espagnol.

Quel est ton plus beau souvenir lors de ce tour du monde ?

Et quel(le) région ou pays tu nous recommanderais pour notre prochain voyage ?

En fait, il y a plein d’endroits que je pourrais citer. Mais si je parle avec le cœur, sans réfléchir, je dirais la Colombie. C’est un endroit où je conseille d’aller, ce n’est pas du tout dangereux comme on pourrait le croire. Il y a une chaleur humaine, une joie de vivre. Il y a un climat auquel j’ai vraiment accroché.

5 conseils pour être dans une démarche de voyage écologique

Avec le recul et l’expérience 
Pourrais-tu nous partager 5 conseils de bases pour être dans une démarche de voyage écologique spécifiquement pour un tour du monde ?

1. Éviter de trop prendre l’avion

Je n’ai pas de leçons à donner, car je sais qu’on s’est un peu raté sur ce point. Mais justement ne faites pas comme nous ! Alors si par exemple, vous aimez bien un continent, restez sur ce continent et prenez le train, le bus. Ainsi, ça évitera des vols. Pour moi, si c’était à refaire le tour du monde, ce serait d’essayer de penser différemment pour faire un itinéraire sans trop d’avion.

2. Voyager plus lentement

Peut-être ne pas faire un pays par mois par exemple. Lorsque les tourdumondistes rentrent, souvent ils disent qu’il faut prendre son temps : ça ne sert à rien, ce n’est pas une course. Et plus on reste à un endroit, plus on profite. Chacun son rythme. Aussi ça fait moins de transport et on pollue moins. De plus, on découvre plein de chose qu’on aurait pas vu: des restaurants, des nouveaux coins, on rencontre des gens.

3. Acheter des marques éco-responsables

J’avais acheté pas mal de trucs chez Vaude, ce sont des vêtements plus pour le outdoor. Il y a Icebreaker, une marque très bien, ou encore, Natural Peak une marque française.

4. Partir avec un kit zéro déchet

Un kit zéro déchet qui inclut les accessoires pour l’alimentation : couverts, paille en bambou, une boîte en inox pour l’alimentation et ainsi éviter toutes les boîtes ou sachets plastiques en Asie du Sud Est.
Aussi prendre une gourde filtrante, on peut prendre l’eau n’importe où et ça permet d’éviter d’acheter des centaines de bouteilles en plastique.
Sans oublier quelques Tot Bag pour éviter les emballages plastiques.

5. Opter pour le végétarisme

Ce n’est pas propre spécifiquement au tour du monde, mais il est vrai que la consommation de viande a un réel impact sur l’environnement. Chacun son rythme aussi, on peut au moins minimiser sa consommation de viande. C’est un des plus gros impact environnemental l’industrie de la viande. Et si vous le souhaitez, vous pouvez regarder le film Cowspiracy.

🎧 🔻Pour écouter l’interview c’est ici ! 🔻🎧

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