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Professionnels du tourisme

Le tourisme spatial est un acte criminel ?

Le tourisme spatial restait encore au rang de la science fiction. Mais l’attrait pour l’espace semble devenir une réalité ouverte aux touristes. Alors que la notion de tourisme durable s’implante difficilement dans les esprits et sur les territoires à travers le monde, le tourisme spatial apparait comme une aberration. Activité extravagante réservée aux milliardaires, nous faisons face à un caprice de taille en terme d’impact sur l’environnement. Car vouloir voyager dans l’espace a un coût énergétique considérable. Si bien qu’on pourrait le qualifier d’acte criminel contre l’équilibre écologique de la planète. Car nous sommes dans l’urgence de trouver des solutions durables à nos modes de vie.

Peut-on tolérer la démocratisation du tourisme spatial en toute bonne éco-conscience ? Lorsqu’un hurluberlu investit ses finances pour toucher du doigt l’espace, difficile de ne pas écarquiller les yeux et les oreilles ! Une telle perspective du développement du tourisme est une pure monstruosité dans une contexte écologique global en danger.

« Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux. »

Stéphane Hessel

S’indigner d’un tourisme spatial : violence et régression

Avant d’ouvrir le débat sur la question énergétique du tourisme spatial, prenons un instant pour nous rendre compte à quel point c’est mode de voyage violent et régressif. Fermons les yeux. Puis imaginons assister au départ d’un vol spatial. Ainsi prenons conscience de l’envergure d’un tel site pour son lancement. Observons l’impact néfaste sur la nature qui subit à la fois l’implantation d’un tel site. Et rendons-nous compte de la pollution sonore induite par le lancement de la navette spatiale. Aussi par cette forme de tourisme, nous assistons à une violence environnementale et à une violence de forme sociale. Car une poignée de milliardaires abusifs exploseraient le capital environnemental sous le regard de l’humanité !

Le marketing narcissique du tourisme de l’espace

Le tourisme spatial pourrait alors être qualifié d’acte barbare ou de crime contre l’environnement et l’humanité. De quel droit, le caprice indécent d’un seul homme, anéantirait les efforts de milliers de gens pour préserver et pérenniser notre habitat ? Quel est intérêt d’exploser les compteurs de la consommation de carbone pour une dizaine de minutes dans la stratosphère ? Car le marketing du tourisme spatial est un vrai leurre ! Il n’y a pas de vol dans l’espace, mais c’est un vol aux frontières de l’espace. Et puis quelle régression en terme de tourisme ou de voyage. Quelle intérêt culturel, social, gastronomique, de passer 10 minutes en apesanteur avec un tel coût écologique ? Aucun.

L’horreur de l’impact environnemental du tourisme spatial

Il y a tout juste un an, nous publions le livre « Voyager sans avion« . Un élan d’espoir pour le tourisme écologique lorsque nous avons pu observer à quel point le livre a été bien reçu ! De plus, par cet écrit, nous n’avions nullement l’intention d’incriminer l’avion. Notre idée est de proposer des alternatives de voyages au pas de sa porte, sans pour autant aller au bout du monde. Ou bien même d’éviter les séjours très polluants tels que les « city break » : un week-end shopping à New-York, un week-end au bord d’une piscine à Marrakech ou bien encore, une escapade pour buller dans les stations thermales de Bulgarie. L’industrie de l’aéronautique accélère les recherches pour développer une flotte aérienne moins polluante. Cependant, il faudra attendre encore quelques années pour commercialiser des avions à faible émissions carbone.

Le rêve d’explorer la stratosphère est-il possible ?

Et si le nouveau continent à explorer est depuis plusieurs années, devenu celui de la stratosphère ? Quel doux rêve de voyager en orbite. Mais à la condition qu’il s’agisse d’un mode de voyage respectueux de l’environnement et des populations locales. Zeph Endless Flight est le premier aéronef habité capable de voler sans interruption. Et il utilise uniquement l’énergie solaire, en ne laisse aucune trace dans l’atmosphère. Zeph Endless Flight c’est l’histoire d’une aventure humaine extraordinaire durant l’été 2019. Portés par les vents, deux pilotes passent 30 jours dans le ciel et sans escale ! Zephalto a le projet d’emmener ses passagers en ballon dans la stratosphère pour une croisière avec vue sur la Terre. Grâce à ces avancées technologiques, Céleste, un ballon capable d’emmener des passagers dans la stratosphère pour une durée de vol illimitée, est entièrement écologique.

Le tourisme de l’espace, une industrie obscène

D’une part, l’idée que l’espace devienne une marchandise est révoltant. D’autre part, les conséquences environnementales d’un tel tourisme sont intolérables. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) confirme l’influence indiscutable de l’Homme sur le climat. Et la nécessité de limiter le réchauffement climatique est estimée à 1,5°C. Le réchauffement de la planète affecte toutes les régions du globe et ces changements sont en passe de devenir irréversibles. Alors que le GIEC confirme « un état d’alerte rouge pour l’humanité », quelques hommes osent anéantir tous les efforts précieux pour préserver notre climat. Indignons-nous ! N’oublions pas que les émissions de CO2 sont la cause principale du réchauffement global. Face au réchauffement climatique les efforts doivent être drastiques. Le rapport du GIEC préconise 2 tonnes d’émissions GES par habitant et par an.

Un vol spatial c’est 27,2 tonnes de CO2 !

Les scientifiques estiment que l’émission de CO2 d’un vol spatial complet correspond à 27,2 tonnes. Donc pour 6 passagers par vol, cela représente 4,5 tonnes de CO2 par passager. Cela revient à faire le tour de la Terre, seul, dans une voiture moyenne. C’est-à-dire que quelques minutes d’apesanteur représentent plus de deux fois l’émission individuelle annuelle du budget CO2 permettant, selon le GIEC, de garder l’objectif du +2 °C de l’Accord de Paris. Autrement dit, chaque passager s’arrogera impunément le droit d’émettre à la place des autres humains. De plus, le transport spatial ne produit pas que du CO2. Le vaisseau crache des suies qui, en restant en suspension plusieurs années dans la stratosphère, modifieraient le climat à l’échelle de la planète entière.

La plus belle aventure est terrestre !

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Nous n’aurions pas assez d’une vie pour explorer la Terre

Dès lors, nous n’avons aucune raison de prétexter des voyages vers l’espace. Tant que ce seront des transports trop onéreux en carbone. Cependant, nous pouvons tolérer la découverte de l’espace par la communauté scientifique. Car par ses travaux, elle est bien la seule à pouvoir rapporter un impact positif des visites par delà la stratosphère. Et notre planète est suffisamment vaste pour s’octroyer les plus beaux voyages ! D’ailleurs, nous n’aurions jamais assez de toute une vie pour en connaitre tous ses secrets.

Si je possédais une grande fortune financière, ça ne me viendrait pas à l’esprit de contribuer à saccager l’environnement. Au contraire, je serais tellement heureuse de pouvoir partager cet argent pour soutenir des causes environnementales et sociétales. J’achèterais des forêts, des terres agricoles, pour les protéger de l’urbanisation et de l’industrialisation. Aussi je soutiendrais des associations de sauvegarde du patrimoine naturel et de la biodiversité. Et vous, avec une telle fortune, que souhaiteriez-vous soutenir comme cause ?

Sources :
WWF « Le dernier rapport du GIEC confirme ses pires prévisions : le WWF appelle à des “efforts colossaux et urgents” pour limiter le réchauffement climatique »,
France Info « Environnement et climat : ce que coûte le tourisme spatial à la planète »,
France Inter « Tourisme spatial = pollution maximale ? »,
ONU Info « Climat : le nouveau rapport du GIEC est une « alerte rouge pour l’humanité » »

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