Histoire,  Pic Saint-Loup

Petites légendes du Pic Saint-Loup

La brume habille le paysage ces derniers jours sur le territoire du Pic Saint-Loup. L’hiver approche et les chaumières fument. Le temps des contes et légendes se marie si bien à cette atmosphère qui nous pousse à se replier. Se replier auprès du feu, dans nos foyers et vers des histoires anciennes que portent ce petit pays de garrigue. Aimeriez-vous lire quatre petites légendes locales ? Vous aviez certainement déjà lu La légende des trois ermites, ce vieux conte venu du fond des âges et à l’origine du nom du Pic Saint-Loup. Les contes et les légendes d’un territoire sont une véritable porte d’entrée pour découvrir l’histoire et l’origine de nombreuses choses. C’est ce que l’on nomme le patrimoine culturel immatériel. Vous pourrez agrémenter vos balades sur le territoire du Pic Saint-Loup avec ces contes et ces légendes pour mieux connaitre l’histoire et la culture locale.

La légende de la princesse du Château de

Baulx

Le Château de Baulx à Saint-Jean-de-Buèges, est une forteresse du XIIème siècle destinée à la surveillance de la vallée. Au pied du massif de la Séranne se tiennent deux villages reliés par le tracé de la rivière de la Buèges. Une légende raconte l’histoire d’une princesse qui fit un voyage non ordinaire.

Il était une fois, un piton rocheux près de la source de la Buèges où vivaient quelques grands aigles, dont la race a depuis disparu. Non loin, le village de Saint-Jean-de-Buèges était dominé par le château d’un puissant seigneur. Sa fille était dotée de nombreuses qualités et elle était d’une beauté remarquable et naturelle. Un jour, alors qu’elle chantonnait sur la terrasse du château, une ombre venue du ciel s’approcha, et fondit sur la princesse. Un aigle s’éloigna dans les airs en emportant, avec une grande délicatesse, la princesse pour l’amener dans son nid. La famille de la princesse avait lancé des recherches à travers toute la vallée et bien plus loin. Sa disparition restait inexpliquée. Et la légende raconte que son absence avait amené beaucoup de chagrin dans tout le château.

La princesse et les aigles

Or, la princesse, jeune et aventurière, appréciait cette nouvelle vie dans le val avec les grands aigles. Et elle s’aventurait parfois à sortir du nid pour des balades près de la source ou des cueillettes de fruits sauvages et de plantes aromatiques. Un jour, près de la source elle rencontra un jeune homme qui s’était enfuit de son village natal, Saint-Guilhem-le-Désert. « N’ayez crainte damoiselle, je ne suis que de passage et je ne vous veux aucun mal ». Les jours passèrent et après un automne très pluvieux, les jeunes gens décidèrent de retourner vers le village de la princesse. Retrouvailles, joies intenses, bonheur du seigneur et de son épouse, le jeune homme fut reçu comme un héros. À la suite de leur témoignage, le seigneur eut l’idée d’un grand projet : construire une tour de guet dans cette partie de la vallée.

Les jeunes gens devenus amoureux, se marièrent et s’installèrent dans ce nouveau petit château, fief qui se nomme depuis Pégairolles-de-Buèges. Pendant des siècles la source de la Buèges alimentera la vallée, donnant à ce territoire, un aspect de décor pour contes de fées.

Source: Daniel Arazo

La légende dorée de Saint-Martin

La légende et l’étymologie nous permettront de répondre à la question : pourquoi « Saint- Martin-de-Londres » ? Saint- Martin-de-Londres est un village planté au cœur de la garrigue. Et c’est aussi, avec sa grande et belle place, l’oasis sur la route de nombreux voyageurs. Voilà un bien joli nom de village, mais qui ne correspond en rien avec la capitale anglaise !

Tout commence avec « la légende dorée de Saint-Martin ». Saint-Martin était très populaire au Moyen Âge et son histoire remonte au IVème siècle. Il symbolise la charité chrétienne. La vie de Saint Martin fut en partie légendaire, la dévotion à Martin se manifeste à travers une relique, le manteau ou la chape de Martin qu’il partage avec un déshérité mourant de froid. Il découpa son manteau à l’aide de son épée et donna la moitié au pauvre. Aujourd’hui, vous trouverez tout près le l’église, une mosaïque murale représentant cette scène.

Le mot « Londres » viendrait de l’occitan « loundras », signifiant « marais ». En effet toute cette région était très marécageuse avant les travaux d’assainissement menés à bien par les bénédictins d’Aniane et de Gellone.

La légende de la Croix miraculeuse

L’église de Saint-Martin-de-Londres possède une petite croix datant du XIIème siècle. En bois très dur d’une forme très particulière, mesurant 21 centimètres de haut et 15 centimètres de large, recouverte par une lame de cuivre très mince, le tout est d’un travail assez primitif. On l’appelle la Croix Miraculeuse. Voici son histoire :

Le sultan de Jérusalem fit don à Charlemagne de certaines reliques de la passion dont un morceau de la vraie Croix. Lorsque Guillaume d’Orange, Duc d’Aquitaine et maire du palais décida de fonder le monastère de Gellone pour entrer dans la vie monastique au début du IX ème siècle, Charlemagne lui donna la relique de la vraie Croix. Et lorsque les moines de Gellone fondèrent le prieuré de Saint-Martin-de-Londres en signe d’unité, ils donnèrent un morceau de la vraie Croix. À la Font Terminal, un peu plus loin dans les bois de Cambous, le prêtre se rendait à la source par temps de sécheresse pour y plonger la Croix miraculeuse et faire venir la pluie.

La légende de la fondation de l’église de Murles

À l’évidence l’église romane cimétériale de Murles fut construite à 1km du village, en raison d’un lieu d’inhumation extra muros. Pourtant une légende locale attribue l’origine de sa fondation à une vision mystique.

Un bouvier vint un soir, comme tous les autres soirs, faire boire ses bœufs au petit cours d’eau qui coule à proximité de l’église actuelle de Murles. Une fois ses bêtes abreuvées, il remontait avec elles vers le village, quand il s’avisa soudain qu’une d’entre elles manquait à l’appel. Se demandant pourquoi elle n’avait pas quitté l’abreuvoir avec les autres, il revint sur ses pas et vit alors un étonnant spectacle. Le bœuf était agenouillé sur la berge et avait les yeux fixés sur une croix de lumière qui venait d’apparaître au-dessus de l’eau. Ainsi c’est suite à cette scène quelque peu surréaliste qu’on décida de construire l’église du village.

Si vous souhaitez poursuivre sur l’histoire de ce tout petit village, vous pouvez compléter votre lecture avec l’article Murles et les Barons de Caravètes.

 

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